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Démarche artistique:

 

Au départ, il y a un exercice formel : travailler les volumes par surfaces planes. D’apparence ordonnée, faites d’angles et de lignes droites, relatives aux choses de la géométrie, les formes semblaient appartenir à l’esprit de logique et de raison. Je me questionnais sur l’existence d’un ordre. Ces faces cachaient un sens, un sens qui serait dedans, enfoui.

Je dessinais, modelais de l’argile, laissant les plans s’agencer et les images venir. Deux figures se sont imposées, l’une représentant un chevalier; Chevalier, et une autre, plus abstraite; Sphinx. Je les taillais dans le bois, pour la première je prenais du hêtre et avec la seconde du chêne.

Puisant dans la nature je m’intéressais ensuite aux minéraux et étudiais leurs systèmes cristallins. M’appuyant chaque fois sur la forme d’un cristal donné, je sculptais directement dans le bois une multitude de cristaux, je les rassemblais et obtenais Cailloux de bois .

Si je travaillais le bois par attirance, pour son contact, son aspect, ce matériau m’évoquait de plus en plus l’arbre. Les veines et leurs sinuosités vibraient, m’interpellaient. Elles témoignaient d’une vie, d’un monde naissant, grandissant. Le bois devenait une matière organique, appartenant au biologique, au végétal. Je pénétrais alors en un territoire étrange, de discontinuité entre minéral et végétal, là où la matière cesserait d’être inerte et deviendrait capable de croître, de s’adapter, de se reproduire. Un lieu où prendrait naissance de la vie. Dans le minéral se créait un espace pour le vivant.

En ce lieu singulier, pour les deux premières sculptures Diatomée I et Diatomée II, je me suis inspiré de la diatomée, l'un des premiers organismes vivants. Cette algue microscopique pousse dans les fonds marins. Elle est constituée de cristaux de silicium qui s’empilent et montent vers la lumière.

Après son commencement au confins de l’océan, une autre explication de l’apparition de la vie sur terre est son arrivée du cosmos. Dans le bois, je sculptais des formes cristallines, Astéroïdes 1, 2, 3. Pouvant être posées sur tous leurs cotés, ces sculptures continuent de participer à ce voyage en apesanteur.

À la renaissance, avec la découverte des lois de la perspective, la figure du polyèdre symbolisait la maîtrise de l’espace. Cette figure, associée plus généralement à la Connaissance, a aussi participé à la représentation de la mélancolie de l’homme face aux mystères qui recouvrent le monde. Une nuit qu’il s’efforce d’éclairer et de mettre à portée de sa raison. Mais parce qu’il reste une marge au hasard, de l’imprévisible, des faits encore inexpliqués, je marquais les facettes d’un polyèdre en bois comme celles d’un .

Me questionnant sur la notion de vie, m’interrogeant sur les nouvelles technologies, il me venait Quartz. Les battements du quartz, si exacts, servent de référant aux montres et aux mesures de l’espace/temps. Le cristal de quartz ou encore silicium, est le constituant des principaux composants des ordinateurs, des cartes à puces, et des machines intelligentes de demain.

Continuant de me servir de formes cristallines, je sculptais dans le bois un minéral encore attaché à sa gangue, Diam, à la surface lisse et polie de la "pierre" venait s’opposer la rugosité de la gangue, créant une tension, une vibration.

Me servant d'images de sites de l’âge mégalithiques, je sculptais deux blocs de bois que j’agençait comme deux dolmens, l’un en face de l’autre. Les menhirs, dans leur masse, semblaient échanger, une vibration les liait. Je leur mettait à chacun une antenne et obtenais Dialogue.

Les cristaux sont identifiables par les angles qu’entretiennent leurs surfaces. En regardant ces formes, de par les effets de symétries qui les caractérisent, il y a d’évidence des relations mathématiques qui ordonnent ces volumes. Je sculptais un Polyèdre régulier, une représentation de formules géométriques premières.

Je choisissais un cristal dont la forme de la maille élémentaire se rapprochait d’une sphère, je la répliquais et y ajoutais une queue, j’obtenais, comme modélisée, une Pomme.

Je m’étais aventuré dans cette région où la vie est à son stade élémentaire, à son commencement. Parmi les principes de vie dans le règne végétal, il y a la transformation de l’énergie du soleil. Il m’est apparu qu’avec les nouvelles technologies, les énergies renouvelables en particulier, l’homme se rapprochait de la nature et de ses mécanismes de survie. Toujours dans un travail des volumes par surfaces planes, s’est élaborée une sculpture faites de planches de bois, Panneaux, de la dimensions de grands panneaux solaires, s’agençant verticalement, vers la lumière, dans le sens de croissance d’un arbre.

Dans ma recherche plastique je manipulais maintenant comme surfaces planes des planches. Par assemblage de celles ci m’apparaissait une nouvelle façon de découper l‘espace, les volumes s’ouvraient, ne semblaient plus fermés, hermétiques, si énigmatiques. Me servant de poutre en chêne, je coupais dans le travers de petites planches. Je manipulais alors des lamelles de bois. Je fractionnais ces lamelles dans le sens des fentes, et le matériau de mes sculptures devenait des fragments de bois dus à ces cassures. J’assemblais ces morceaux au hasard, les fixais de façon aléatoire les uns aux autres. Par de fragiles points de contacts les fragments se liaient entre eux, créant progressivement une structure. J’obtenais comme un agrégat, une sédimentation de ces éléments que j’appelais Rose des sables. N’ayant ni haut ni bas, si le propriétaire de l’œuvre pouvait comme pour toute sculpture la placer où il veut, tourner autour, choisir son angles de vue, il avait aussi comme pour Astéroïdes 1, 2, et 3 et Dé polyèdre la possibilité de la poser sur la face de son choix. Et pour aller vers une encore plus grande interaction entre l’œuvre et son installateur, la deuxièmes Rose(s) des sables était constituée de plusieurs pièces indépendantes que chacun pouvait agencer à son gré.

Cependant je revenais à mon questionnement originel: ces volumes avaient un sens, un sens qui serait dedans, enfoui. Progressivement les volumes que j’élaborais se sont refermés pour tendre comme au départ vers des formes de minéraux. Mais, une musicalité s’était installait, je construisais maintenant les formes sur du vide, elles résonnaient, de l’air en sortait. Deux pièces ont été réalisées, Musical cristal et Polyèdre violoncelle, fabriquées avec des planches de contreplaqué dans lesquelles des ouvertures étaient opérées.

Je désirais poursuivre ce résultat avec du bois massif. Je prenais une bille de bois et la façonnais. Mais au moment de la creuser je la coupais dans son milieu et au lieu de poursuivre dans l’idée de lui donner une musicalité, je l’évidais en son centre libérant un espace où loger, comme encapsulée, une Fève.